Les faits racontent une deuxième école, celle du marasme éducatif, où le niveau baisse, le décrochage et les inégalités prospèrent. Les rythmes, améliorés ou non, ne compensent pas le raccourcissement de la scolarité : une année perdue au primaire en une génération (autant au collège), sans que jamais on ne fasse le lien avec la baisse de niveau. On préfère « interdire » ses conséquences, comme le redoublement. Sans jamais le dire, on choisit toujours la « réforme » la plus économique. Les conditions et la nature de l’enseignement dispensé au sein de l’Education dite Nationale dépendent chaque jour davantage des collectivités territoriales, de leurs ressources et de leurs choix politiques, ce qui accentuera les inégalités malgré tous les ABCD du monde. Les plans numériques, dont on multiplie les annonces plutôt que d’en assurer le financement, n’ont pas encore atteint les maîtres, toujours privés d’ordinateurs. La gestion du personnel est désastreuse : les enseignants voient leur supérieur hiérarchique une fois tous les cinq ans, leur « encadrement » est réduit à une inspection, leur administration les laisse seuls face aux difficultés, les infantilise, pratique esquive et langue de bois. Résultat : en dépit d’un chômage sans précédent, et contrairement aux communiqués triomphants du ministère, les candidats s’obstinent à bouder ce petit paradis. Les ingrats.

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